Le 10 juin : on se souvient de l’Immortel du 10 juin 1944.

Né à Valence le 20 février 1909, René ROUX utilise opportunément son activité professionnelle d’artisan soudeur et de réparateur de machines agricoles pour se déplacer à moto dans la Drôme occupée. Il se rend principalement dans les secteurs de l’Herbasse, du Vercors et du Diois. Engagé volontaire dans la Résistance, le Réseau Electre-Bouleau le charge en tant qu’Officier de renseignement à partir du mois de mai 1943, de la recherche d’emplacements appropriés au profit des « opérateurs radio clandestins ». Il est rattaché à une Unité combattante de la Résistance Crestoise et il assure des liaisons clandestines jusqu’à Lyon.

Au cours de ses déplacements, il transporte aussi des armes et des munitions dissimulées dans les sacoches de sa moto.

Le 8 juin 1944, au retour d’une mission, le Résistant est arrêté par la milice rue Victor Hugo à Valence. Il est aussitôt conduit à l’école du Palais puis rue Jonchère où il est interrogé. Torturé par les miliciens, il subit des interrogatoires qui s’accompagnent de violences. 

Malgré tous les sévices, René Roux ne parle pas. Il est placé en cellule sans nourriture et sans boisson.

Deux jours plus tard, les miliciens de Valence n’ayant pu obtenir aucune information le jettent dans une voiture en lui disant « à Lyon, il y a des spécialistes qui te feront parler ». 

Au cours du transfert, la voiture s’arrête au lieudit Les Sablières à l’entrée de St Symphorien d’Ozon. Il est sommé par miliciens de descendre de voiture, le force à marcher devant eux et l’abattent lâchement en lui tirant dans le dos. 

Neuf balles atteignent cet homme qui s’écroule aussitôt. L’exécution semble fatale. Trois balles au niveau de la tête, une à l’épaule, une autre au bras et dans les reins. Après le coup de grâce qui arrache l’œil gauche du supplicié, les bourreaux déguerpissent, le laissant pour mort. 

Pourtant, sous une pluie fine, René Roux reprend conscience. Il est découvert par une riveraine accompagnée de son chien. L’alerte est donnée. Devant l’état du blessé, la pharmacienne le fait transporter discrètement chez le docteur qui lui prodigue les premiers soins tandis que le curé lui administre les derniers sacrements. Depuis Vienne, le blessé est transporté en cachette jusqu’à Lyon où il est soigné clandestinement par des professeurs. 

René Roux est sauvé miraculeusement. Mais il continuera de souffrir. Les séquelles de ses blessures engendreront un lourd handicap physique.

Au cours des années qui ont suivi la Libération, René Roux a été décoré :

De la Médaille de la Résistance Française, de la Croix de guerre avec palme, de la Croix des Combattants Volontaires de la Résistance et de la Médaille britannique George, pour acte de bravoure.

Il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire en 1949, officier en 1964 et promu Commandeur dans l’Ordre de la Légion d’Honneur en 1976.

En juin 1996, les Anciens Résistants lui rendent un nouvel hommage en l’accompagnant jusqu’à sa dernière demeure.

« C’est, à Cliousclat, que mon père aimait venir se reposer l’été, le
village lui rappelait une période de sa vie de résistant ». Claudine Roux Mirabeau, sa fille, ancienne directrice de l’école de Cliousclat.
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