René ROUX, un résistant qui aimait Cliousclat.

Claudine Roux Mirabeau, fille de René, le « mort-vivant », fusillé le 10 juin 1944 et décédé le 1erjuin 1996, raconte.

C’est ici, à Cliousclat, que mon père aimait venir se reposer l’été, le village lui rappelait une période de sa vie de résistant  se souvient sa fille Claudine, ancienne directrice de l’école de Cliousclat.  Mon père, René Roux, était artisan soudeur et avait un atelier de réparation de machines agricoles à Valence. Entré dans la Résistance en 1943, il parcourait à moto la région du Vercors, du Diois, de l’Herbasse, assurait les liaisons entre Crest et Valence, se rendant aussi à Lyon où il prenait des ordres pour l’Intelligence Service. Il faisait partie du réseau Electre-Bouleau et transmettait, entre autre, les messages destinés à Londres par un poste radio qui émettait de chez Marcelle Rivier à Mirmande.  Le 8 juin 1944, revenant d’une mission qu’il avait réalisée pour le Commandant Pons, il est arrêté  sur sa moto par la Milice Avenue Victor Hugo à Valence. Elle l’emmène rue Jonchére où il est soumis à un violent interrogatoire et est torturé. N’obtenant aucune information, les miliciens le placent en cellule sans nourriture ni boisson. Deux jours plus tard, le 10 juin 1944, ils le transportent en voiture pour le transférer à Lyon en lui disant « là- bas il y a des spécialistes qui te feront parler. « . Mais à l’entrée   de St Symphorien d’ Ozon  (Isére),  ils s’arrêtent au lieu- dit « Les Sablières ». Là, ils lui disent d’avancer et tirent avec leurs revolvers. Neuf balles atteignent mon père : cinq dans la figure, une au bras, une à l’aine, une à l’épaule, une dans les reins et le coup de grâce à l’œil. Laissé pour mort, une pluie fine le ranime, il rampe jusqu’à la route où une dame le trouve moribond. Celle-ci alerte la pharmacienne de St Symphorien d’Ozon, madame Cinelli, dont le mari médecin lui prodigue les premiers soins. Un curé vient lui administrer les derniers sacrements. Il est transporté en secret à Vienne puis à Lyon où il est soigné clandestinement par des médecins et des grands professeurs. Il est sauvé !

 Mon père, a été décoré de la Croix de guerre avec palme, de la médaille de la Résistance. Les Anglais lui ont décerné la « George Medal » pour acte de bravoure et il a été élevé au grade de Commandeur de la Légion d’Honneur.

 Il y a 76 ans, le 8 juin 1944, il est arrêté à Valence, revenant d’une mission à moto. 
Le Général Cochinard, décore René Roux « l’immortel ».
Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.